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Jesse Garon et l'Age d'Or
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Jesse Garon et l'Age d'Or




Jesse Garon et l'Age d'Or
Premier 45 tours
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Jesse Garon et l'Age d'Or
En tournée
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Jesse Garon et l'Age d'Or
Nos premières télés
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La rencontre avec Jesse Garon

Quand le spectacle (qui rassemblait à la fois la troupe et le groupe "J'ai mal à ma tête") fût prêt, Christian eu l'idée de le faire auditionner par une vieille connaissance à lui, un producteur-manager : Marc Négroni. Celui-ci vient donc nous auditionner à l'école de Danse.
A la fin de l'audition, nous laissons Christian et Marc discuter entre eux, et je vais au bistro d'à côté. Et soudain, je vois arriver Marc dans le bistro venant me dire au revoir et m'annonçer qu'il laissait tomber car Christian et lui ne s'étaient pas entendus sur le projet, sans me donner d'explications. Mais par contre il m'a dit textuellement : "Jef, tu m'es sympathique, si un jour tu es sur un coup, n'hésite pas à m'appeler". Ce n'était pas tombé dans l'oreille d'un sourd!
Mardi, c'était le jour où je donnais mon cour de danse, mais c'était surtout le jour de la répète avec "J'ai mal à ma tête", sans son chanteur Christian qui n'était plus disponible. D'autres s'essayaient à sa place, notamment Max et Pierre, les futurs "Destroy Man & Jhonygo", qui, avant de devenir les fers de lance du Rap Parisien et les premiers Rappeurs Français avec Dee Nasty, connaissaient bien tout le répertoire Rock'n roll. Destroy Man venait souvent me voir, moi son confident, pour se "confesser" quand il avait fait des bétises.
Destroy Man et Jhonygo, quand ils m'invitaient à passer une soirée avec eux dans leur fief : Les Bains Douches, étaient passés maitres dans l'improvisation Rap, ils ne parlaient et discutaient qu'en Rap. C'était assez impressionant.
Quand à Jhonygo, nom emprunté à la chanson de Chuck Berry dont il connaissait tout le répertoire, était devenu le chanteur de "J'ai mal à ma tête" avant la rencontre avec Jesse Garon. Ca vous la coupe hein, les rocky!
Donc ce fameux Mardi, je finissais de donner mon cours de danse (ICI), et je m'apprêtais à partir à la répète, quand soudain on sonne à la porte de l'école. Je vais ouvrir, et je me trouve nez à nez face à un mec qui me dit : «Bonjour, je viens voir deux copains qui étaient à l'armée avec moi et qui sont danseurs dans cette école». M'ayant dit leurs noms, je lui réponds qu'ils sont sortis mais qu'ils seront de retour dans un petit moment, et qu'il pouvait les attendre ici. Voyant le piano au fond de la salle de danse, il me demande s'il peut s'y installer en attendant. Une fois au piano, il entame un Rock. J'en croyais pas mes oreilles. Une voix superbe et puissante! Alors j'ai tout de suite sauté sur l'occasion, et je lui ai dit que ça tombait bien car j'allais justement à une répétition avec mon groupe de Rock et que nous n'avions plus de chanteur, et qu'il était donc le bienvenu si ça le branchait. Alors comme première réponse j'ai eu droit à un petit speech comme quoi il avait rendez vous avec un agent du spectacle, etc.., qu'il était désolé. Alors j'ai pris mes affaires et je lui ai dit : "tant pis, c'est comme tu veux, moi j'y vais, bonne chance!". Au moment de quitter la salle, j'entends : "Attend, finalement je viens avec toi!". Voilà, c'est ainsi qu'a eu lieu la rencontre entre Jesse Garon et moi.
J'ai donc embarqué Jesse dans le métro, direction chez François et Zabé. Je pensais aux amis qui allaient avoir une drôle de surprise. A la répète, avec Jesse ça colle de suite. Il me dit même que je suis le premier batteur qu'il rencontre qui sait jouer correctement dans l'esprit : Jailhouse Rock d'Elvis Presley. Wouah!
En fait, Jesse était monté à Paris car il avait la possibilité de faire une maquette. Dès le lendemain, nous voilà parti au studio "Graceland" (coïncidence?) pour faire cette maquette.
Je me rappelle la gueule de l'ingénieur du son quand il a vu et entendu ma caisse claire. Il m'a dit : « Où tu vas avec ta poubelle? Il te faut le "gros son" comme les Stray Cats». Je lui ai répondu, vexé : « Oui mais les Stray Cats ils n'ont pas le son à Cochran, moi avec ma "poubelle" j'ai le son à Cochran! Ah! ces français! Toujours à côté de la plaque!
Aussitôt après l'enregistrement, Jesse repart à La Rochelle. Quand à moi, j'ai déjà ma p'tite idée en tête. Je vais appeler Marc Négroni. Négroni me reçoit chez lui. Il écoute la maquette, et à la fin du premier morceau, il me dit : "C'est Ok Jef, je prends, ça baigne" comme il disait. Ensuite il a ajouté : "Dès demain, je mets tout en branle, maisons de disque, productions, studio d'enregistrement, photos. Dépêche toi de ramener Jesse, qu'on fasse rapidement le contrat». En sortant de chez lui, je me suis empressé d'alerter tous les potes pour leur annoncer la nouvelle. Au début, évidemment, ils ont eu un peu de mal à y croire, et je les comprends, un truc pareil qui te tombe sur la tête. Ensuite il a fallu appeler Jesse à La Rochelle pour lui annoncer la nouvelle et lui dire de rappliquer au plus vite, mais lui aussi avait du mal à y croire au téléphone. Et pourtant...!
Moi j'étais comme un gamin, car je me rappelle avoir signé le contrat sans même l'avoir lu, de toute façon je n'y comprenais rien. Sauf François qui a mis du temps à apposer sa signature, car étant passionné par son boulot, il était luthier et est toujours luthier, il réalisait soudain qu'il allait peut-être devenir une vedette à paillettes et ça l'a miné un bon moment. On passe la nuit à chercher un nom pour le groupe, et finalement c'est l'idée de Négroni qu'on adopte : "Jesse Garon et l'Age d'Or". Il valait mieux, car sinon ça aurait été un truc du genre : J'ai mal à ma tête, pneus lisses, ou les doigts chauds, vous voyez c'que je veux dire! Au début Jesse habitait chez moi, Gare du Nord. On rentrait tous les soirs à pied de chez François et Zabé. Ca nous faisait 2h de marche et c'était l'occasion pour Jesse de visiter Paris by night. Un jour, on s'arrête devant le Petit Journal St Michel. Je raconte à Jesse que c'était grace à une idée à nous (voir ici) que le Petit Journal était devenu un haut lieu du Jazz. Et soudain, en voyant l'affiche, Jesse me dit : "je connais le guitariste de Jazz qui joue ce soir, Patrick Saussois. Et savez vous qui était à côté de lui sur l'affiche? Mon pote Didier Roussin, que je n'avais pas vu depuis 20 ans, et qui depuis, avait fait du chemin. On est donc rentré à la grande surprise de Didier quand il m'a vu. Ce soir là, il m'a fait un cadeau immense : la première page de son cahier de répertoire était une photo de lui et moi, en train de jouer de la guitare à nos débuts, nous avions 13 ans. Emotion! Un de ses musiciens m'avait dit : « Tu sais, ton pote fait certainement parti de ces grands artistes qui ne sont malheureusement reconnus qu'après leur mort..» C'est peut-être pour ça qu'il est "parti un peu tôt".
Enfin, avec Jesse et le groupe, nous voilà parti pour enregistrer "C'est lundi" et "Boy Bop Boogie". La première version fut enregistrée au Studio de Flexanville, à l'extérieur de Paris. La pauvre Zabé était en larme, car cet enfoiré de Négroni avait fait appel à un requin de studio pour la remplacer, la jugeant insuffisante pour faire le disque. Heureusement pour elle, cet enregistrement ne sera pas retenu, et elle jouera sur la 2ème version, la vraie, enregistrée à Paris au studio Ferber.
En effet, la 1ère version avait été perçue comme "une musique de sauvages" par les décideurs du showbiz, et il a fallu les talents de René Ameline, ingénieur du son de Jacques Dutronc entre autres, pour faire de "C'est Lundi" un tube. 13h de mixage!
Ensuite on enregistre les 9 autres morceaux de l'album, ensuite séance photos, ensuite les télés. A la première télé, le cameraman me dit que j'ai une gueule de tueur à gage. Ca commençait bien! N'empêche que c'est là une des grandes différences entre la France et l'Angleterre. En Angleterre, si tu as une tête d'Apache, on en redemande, en France on te regarde bizarre.
Et enfin arrive la tournée en province. Au début c'était rigolo, on s'entendait bien, on en faisait voir de toutes les couleurs à Jesse, mais il le prenait bien, il nous disait : «Vous êtes des affreux jojo, mais je vous aime bien». On commençait à prendre goût à la vie de "stars", quand soudain un soir, Jesse est venu nous annoncer la terrible nouvelle, la décision prise en "haut lieu" : nous étions virés! Basta, terminé! Oui oui, terminé! La coupure! Le coït interrompus! On venait à peine de commencer! Ben voilà c'est fini. C'est super, hein, comme histoire?!
Quelques temps après, Jean-Max Rivière, notre éditeur, me dira en parlant de Négroni : "il a voulu faire de l'argent trop vite. C'est une grave erreur, il aurait dû vous garder plus longtemps, au moins le temps de vous faire connaître." Moi qui était à la base de tout, j'avais bel et bien été trahi et escroqué.
Entre-temps, j'avais composé et co-signé avec Jesse, la musique de "Mourrir pour être une Star". Négroni m'avait même annoncé une bonne nouvelle : c'est cette chanson qui avait été choisie par les décideurs de chez "Polydor" pour être le tube à balancer en radio. Ca aurait pu être "ma part du gateau"! Et bien non, là non plus je n'ai pas eu de chance, car au dernier moment, je ne sais par quel tour de magie, c'est "Le prince du Rock'n Roll" qui est passé à la place en radio.
Voilà, vous connaissez maintenant l'histoire de "Jesse Garon avec l'Age d'Or".
Cette histoire n'a pris qu'une page de mon site pour vous la raconter. C'est pour dire ... ça n'a été en fait qu'une petite récréation par rapport à tous ce que j'avais vécu, et tout ce qui m'attendait.

Au bout du compte, rien ne remplacera la magnifique histoire que j'ai connu avec mes VRAIS amis : Christian Prudent et la troupe, et le groupe "J'ai mal à ma tête", même sans célébrité et sans argent. C'est une toute autre richesse!